Entreprendre le tourisme autrement, voyager différemment

Entreprendre le tourisme autrement, voyager différemment

En pleine crise sanitaire, c’est le moment propice pour anticiper d’entreprendre le tourisme autrement et voyager différemment. La barrière entre les professionnels du tourisme et les voyageurs est de plus en plus mince dans ce secteur qui fonctionne davantage comme un écosystème plutôt qu’une industrie.

La crise sanitaire : un mal pour un bien ?

L’année 2020 a été marquée par une perte de plus d’un milliard d’arrivées internationales, pour l’industrie touristique à échelle mondiale. Un collapse qui était néanmoins nécessaire au secteur, qui connaissait alors une véritable croissance hors de contrôle. Si ce n’avait pas été par la crise du COVID-19, il y aurait sûrement eu un autre événement révélateur pour remettre le modèle touristique en question. Depuis plusieurs années, le tourisme connaît une croissance exponentielle mais déséquilibrée, sur les plans économique, socioculturel et environnemental de ses territoires, sans mettre de côté l’importance de ses dimensions politique et technologique.

Le tourisme est une industrie où l’humain est au cœur de son fonctionnement, entre la portée relationnelle, expérientielle et émotionnelle de ses produits, de ses services et de son management. Impliquant tous les acteurs du territoire, liés directement ou indirectement au tourisme, il se retrouve à la recherche d’une coordination et d’une synergie optimales. 

Entreprendre le tourisme autrement, voyager différemment

Du tourisme de proximité, au tourisme professionnel en passant par le tourisme sportif ou le tourisme de santé et du bien-être, on se rend compte que le tourisme est partout et tout le temps et qu’il n’est plus seulement une activité économique à part entière. Il est ainsi important de changer de perspective et de l’inclure comme partie intégrante d’un territoire. Avec les acteurs privés et publics ainsi que les citoyens et la gouvernance locale, au cœur de la stratégie de développement « Smart » du territoire, on aborde donc la notion de coopération, collaboration, mais également coopétition, encourageant la pérennité et l’innovation, qui sont des facteurs clés de son attractivité et de sa compétitivité.

Cette idée de co-création dans une démarche Smart est incroyablement séduisante, dans la mesure où le tourisme se développe de manière optimale dans un territoire qui présente un équilibre à l’échelle politique, économique, socioculturel, technologique ou encore environnemental. Néanmoins, le voyageur reste à l’état de spectateur sur le lieu qu’il visite, ne correspondant pas forcément aux aspirations liées à sa démarche.

L’approche psychologique et spirituelle du tourisme

En parallèle aux évolutions du marché en matière d’offre pour satisfaire toujours plus la demande insatiable, la tendance de la pratique touristique s’est considérablement construite autour d’une question sociétale et sociale concernant la quête de l’expérience et de l’émotion chez le voyageur. Sa quête se camoufle dans la découverte de paysages et de cultures, ainsi que le sentiment de liberté, encouragé par le développement des mobilités et des accessibilités. Malgré que certains concepts sortent du lot dans la jungle de l’offre touristique, la majorité des produits et des services proposés par une destination, ne sont pas pensés pour satisfaire ce besoin existentiel en question.

L’activité touristique utilise ainsi des ressources pour mettre en place une activité qui ne compte pas entièrement avec l’accomplissement de l’objectif de son consommateur. On se retrouve donc face à un déséquilibre sans apporter une réelle productivité consciente. Le voyageur parcourt alors de plus en plus le monde, à la recherche de ce qu’il n’a pas trouvé dans la précédente destination, ou bien qu’il soit resté sur sa fin, n’étant jamais rassasié et n’ayant jamais atteint son objectif d’accomplissement personnel (on parle bien sûr de la pratique du voyage à motif 100 % personnel).

Quel tourisme pour demain ?

Le tourisme durable apporte une solution autour de la réduction de l’impact sur ces ressources, en positionnant le voyageur dans un rôle passif, de faux acteur, ce qui ne lui apporte pas forcément ce qu’il recherche. Mais surtout, on se pose la question suivante : est-il encore possible de respecter et maintenir les ressources en restant dans le même modèle touristique que l’on connaît actuellement ? Avec plus d’1,4 milliards de voyageurs sur seulement 5 % de la planète, le tourisme durable démontre une certaine vulnérabilité dans son efficience, tant au niveau de la prise de conscience suffisante que dans l’efficacité de sa pratique.  

Actuellement dans ce contexte mondial, qui opère un changement de paradigme, intégrant synergiquement le développement humain et le respect de l’environnement, le tourisme peut saisir cette opportunité en passant d’un modèle de développement durable à un modèle de développement régénérateur. Le tourisme régénératif non seulement intègre le voyageur de manière active et participative dans l’industrie, qui devient l’écosystème touristique, mais il contribue désormais à la régénération des ressources. 

Le tourisme régénératif : une nouvelle mentalité pour un nouveau départ

C’est donc le modèle touristique dans son essence qui se reconstruit selon une pratique régénérative, marquée par le changement significatif de la place du voyageur.

Quelle activité et quel management permettraient de rendre meilleure la destination dans son ensemble absolu ?

Ce concept se développe à partir d’une approche holistique, fondée sur le fonctionnement et l’équilibre intégral et optimal des écosystèmes, ainsi que sur l’équité transversal des domaines politique, économique, social, culturel, environnemental, technologique et humain au sens de l’individualité.

Concept utopique ou avant-gardiste, le tourisme régénératif présente aujourd’hui une piste de réflexion et d’action importante, dans le contexte actuel, où l’industrie du tourisme est invitée à se réinventer pour mieux innover et prospérer. Les actuels modèles alternatifs de tourisme à l’image du tourisme participatif, du slow tourisme ou encore de l’agrotourisme, ont déjà apporté des pistes innovantes et intelligentes à explorer pour établir un nouveau modèle de l’écosystème touristique.

Entreprendre le tourisme autrement, voyager différemment

C’est donc une invitation à voyager différemment pour le visiteur et à entreprendre le tourisme autrement pour les professionnels. Une initiative qui fonctionne en cohérence et de manière réciproque, afin de témoigner d’un équilibre et d’une efficacité significative. Le tourisme régénératif s’inscrit dans un changement de mentalité et implique ainsi tous les acteurs, et les pratiques liés au tourisme, jusqu’à sa promotion via un marketing touristique conscient, un marketing positif.

Tiffany – Awake Content